Clément Bagot
L’édition fait suite à l’exposition Passage portée, conçue par Clément Bagot, présentée à La Maréchalerie du 24.01 au 23.03.2025.

L'exposition Passage portée
« L’exposition présentée à La Maréchalerie du 24 janvier au 23 mars 2025 s’articule autour de deux sculptures à échelle humaine en bois contreplaqué peuplier : Passage Portée 1 et Tegmentum. Les deux sculptures aux fortes connotations architecturales sont réparties dans les deux salles du centre d’art contemporain. Un aspect zoomorphique certain les caractérise.
La première, Passage Portée (7,40 X 3,20 x 3,15 m.), est d’une dimension bien supérieure, elle entre en résonance avec la charpente en bois haute de la grande salle, elle aussi très structurée. Le visiteur circule librement entre ses soutènements en angles droits dont la section volumétrique augmente graduellement jusqu’à rejoindre le faîtage central qui la constitue. Bien que cette sculpture s’apparente plus à un phasme dans sa forme globale qu’à une structure architecturale autonome, la sensation de déambuler sous des couverts (arcades) plutôt qu’entre les pattes d’un insecte surdimensionné s’impose progressivement. Elle semble relativement en apesanteur et les appuis en zigzag qui la relient au sol renforcent la dynamique de son dessin à travers l’espace de la salle.
La seconde sculpture, Tegmentum ( 2,50 x 1,50 x 2,30 m ), située dans la salle voisine plus basse de plafond prend le contrepied de la première. En effet, c’est une forme en arrondi, fermée et éclairée de l’intérieur, un module de type carapace monté sur six pieds en bois contreplaqué taillés dans la masse. Lorsque l’on pénètre à l’intérieur de celui-ci, on découvre une charpente en bois de type naval en partie haute, tandis qu’une sensation d’enfermement partiel se fait sentir, cela peut aussi susciter un effet de protection. Dans sa partie frontale plus allongée (tablier), une fente horizontale située au niveau du visage permet au regard de scruter l’extérieur. Cette ouverture toute en longueur qui cadre le regard, renvoie aux architectures militaires de type Bunker 2.
Différentes sculptures-maquettes de tailles plus réduites que je qualifie souvent de « microcosmes » accompagnent ces deux sculptures. Ces sont des constructions imaginaires en bois à échelles réduites encapsulées dans des capots en plexiglas transparents et réalisées dans une grande improvisation. Un halo lumineux est projeté en leur centre et renforce l’impression d’une possible vie intérieure tout en forçant le regard du spectateur qui les surplombe désormais. Le jeu d’échelles qui s’établit ainsi entre les différentes œuvres trouve sa continuité au moyen de dessins très détaillés de type cartographique et cellulaire, réalisés à l’encre sur papier. Dessins et sculptures ont pour point commun une référence certaine à l’hybridation. Chaque dessin doit être l’occasion d’un voyage graphique unique durant lequel le spectateur se perd librement tout en faisant appel à ses propres références. Les nombreuses textures graphiques qui les composent et interagissent ensemble relèvent d’un univers à la fois minéral, végétal, organique ou encore cellulaire.
Les sculptures de type microcosmes sont elles aussi très composées, ce sont des assemblages, des concrétions de matériaux divers partant d’une surface horizontale organisée en plan de masse pour s’élever progressivement à la verticale dans les airs (l’inverse de la cartographie en somme puisque celle-ci tend à replier un espace en trois dimensions dans une surface plane en deux dimensions). Différentes références architecturales se côtoient et fusionnent, brouillant les frontières entre ce qui relève de l’intérieur et de l’extérieur, de l’architecture religieuse et militaire, industrielle et futuriste... Elles permettent une transition volumétrique vers les modules architecturaux à échelle humaine dans lesquels il est possible de pénétrer. »
1 La portée désigne, en architecture et dans tous les domaines ou le calcul des structures intervient, la distance qui sépare deux systèmes structurels (primaires) destinés à offrir un appui à un autre système structurel (secondaire) qui en sera dépendant et complémentaire. Elle peut donc se définir comme la distance entre appuis de systèmes structurels d’un même ordre.
2 Paul Virilio, dans son ouvrage Bunker Archéologie* établit un parallèle entre architecture militaire et
zoomorphisme : « Pseudo-char de béton, heaume géant des observatoires d’artillerie, formes zoomorphiques
des postes de commandement avec leur dôme frontal et leurs épaulements latéraux... Mélange hétéroclite,
la fortification est devenue un mixage d’espèces différentes : le minéral et l’animal s’y rejoignent
curieusement. »
Clément Bagot.
Janvier 2025
L'édition
Document d’artiste, la publication rend compte de la production de dessins de l’artiste, sur papier en particulier, dans un dialogue avec des œuvres en volume comme les « Microcosmes » sculptures maquettes et l’oeuvre Passage portée.
Il s’agit de présenter le travail de recherche de l’artiste et les différentes échelles et pratiques de dessins.
Dessins et sculptures ont pour point commun une référence certaine à l’hybridation. Chaque dessin doit être
l’occasion d’un voyage graphique unique durant lequel le spectateur se perd librement tout en faisant appel à ses
propres références. Les nombreuses textures graphiques qui les composent et interagissent ensemble relèvent
d’un univers à la fois minéral, végétal, organique ou encore cellulaire.
Conception graphique _ Guillaume Philippe.
Photographies & Dessins _ Clément Bagot _ Nicolas Brasseur.
Entretien _ Clément Bagot & Damien Sausset, critique d’art et commissaire d’exposition.
Edition _ La Maréchalerie.
Diffusion _ Les Presses du réel.
Décembre 2025.
ISBN _ 978-2-918512-25-7
Prix _ 32 €
Édition en vente auprès des Presses du réel, diffuseur
& à La Maréchalerie aux horaires d'ouverture au public
Renseignements lamarechalerie@versailles.archi.fr
