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Villes sensibles

La journée d’étude « Villes sensibles - Ambiances urbaines et expériences ordinaires de la marge », organisée par Souhaib Mebarki (doctorant au LéaV), propose d’explorer les dimensions sensibles et ordinaires de la ville depuis ses marges, avec les interventions des anthropologues Emmanuelle Lallement et Nicolas Puig.

Paris XVIIIe. Au carrefour Barbès-Rochechouart, devant la station de métro, sous une enseigne « TABAC » évoquant les ventes de cigarettes de contrebande. Photo : LP / Fred Dugit, « Paris : le mystère de la carotte de Barbès levé », Le Parisien, 20/09/2018

Journée d'étude organisée par Souhaib Mebarki, doctorant au LéaV (Thèse dirigée par Éric Chauvier et Maud Santini, LéaV/ÉNSA Versailles)
Invités : Emmanuelle Lallement, anthropologue du monde urbain, professeure des universités - Institut d’études européennes, Université Paris  et Nicolas Puig, anthropologue - IRD / URMIS, spécialiste des migrations, des circulations et de l’urbanité des marges

Cette journée d’étude propose d’aborder la ville depuis ses marges, au ras des situations ordinaires. À Barbès et ailleurs, sons, odeurs, lumières, densité des corps, files d’attente, ventes à la sauvette, contrôles policiers ou gestes de solidarité composent des ambiances où se rejouent les rapports de classe, de genre, de race, de génération ou de statut migratoire. À partir de scènes marchandes, d’économies de survie, de circulations transnationales et de dispositifs de contrôle, il s’agira d’interroger ce que signifie « habiter l’écart » : Comment décrire ces expériences sensibles sans les réduire à des catégories purement morales, sécuritaires ou économiques ? Comment articuler observations fines, récits situés et cadres théoriques pour rendre compte de vies tenues dans l’entre-deux, entre ici et là-bas, entre légalité et débrouille, entre invisibilité imposée et hypervisibilité policière ? La journée croisera des enquêtes menées à Barbès et dans d’autres villes du monde, afin de penser les ambiances urbaines depuis les marges : lieux d’attente, de survie, mais aussi d’attachements, d’inventivité et de recomposition des mondes citadins.